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Eoliennes et
santé : le Conseil d’Etat a tranché Le
permis éolien accordé, sur recours du promoteur Eneco (anciennement Air
Energy), par le ministre Henry, pour les 6 éoliennes de Strainchamps
(Fauvillers) vient d’être suspendu par le Conseil d’Etat en date du 21
février dernier. Cette décision est remarquable pour plusieurs raisons. En
effet, il convient de remarquer que le Conseil d’Etat a une compétence
limitée aux seuls aspects d’illégalité formelle d’un acte administratif.
C’est ainsi qu’à la suite de l’introduction d’une requête en annulation, il
peut annuler l’acte administratif pour non respect des procédures prescrites
et des grands principes juridiques comme par exemple l’obligation pour tout
acte administratif d’être clairement motivé. Mais il ne juge pas de
l’opportunité de cet acte administratif.
A propos de l’octroi d’un permis éolien par le ministre, il ne juge
donc pas si l’implantation des éoliennes à Strainchamp est une décision sage
ou inutile. Mais
une requête en annulation devant le Conseil d’Etat est presque toujours
accompagnée d’une demande en suspension de l’acte litigieux. Le
Conseil d’Etat n’accorde la suspension que rarement. En
effet la loi exige qu’il y ait dans la requête au moins un moyen d’annulation
fondé et que le ou les requérants ont pu faire la preuve d’un « préjudice
grave et difficilement réparable » si le permis n’était pas
suspendu. |
Et là le Conseil d’Etat peut juger souverainement si le
risque de préjudice lui paraît grave et difficilement réparable.
Quelle a été l’argumentation des requérants à propos de
ce préjudice ?
Il ne s’agit pas de la perte de valeur de leurs maisons
car une jurisprudence constante du Conseil d’Etat estime que ce préjudice
pourra être réparé ultérieurement par les actions qu’offre notre droit civil.
Ni de la déstructuration paysagère dont seraient victimes les requérants car il
existe la possibilité de demander la démolition.
Dans le cas qui nous occupe les requérants ont fait
valoir le risque pour leur santé compte tenu de la proximité de la
centrale éolienne. Ils ont fait valoir que les
nuisances sonores et infrasonores sont désormais universellement reconnues
comme pouvant avoir des effets pervers en matière de santé, plus
particulièrement en ce qui concerne les perturbations du sommeil, la somnolence
diurne, l’acuité mentale, les acouphènes
et les troubles du rythme
cardiaque.
Si le Conseil d’Etat vient d’accorder la suspension du
permis éolien, c’est qu’il a estimé que l’application du principe de précaution
impliquait que soient évités les risques pour la santé reconnaissant de la
sorte que les nuisances sonores constituent un préjudice grave et difficilement
réparable.
A un moment où le gouvernement wallon a sorti son nouveau
Cadre de Références qui sous-estime honteusement les nuisances sonores, s’en
tient à des normes de bruit totalement
inadéquates et des normes de
distance ridicules (3 fois la hauteur de l’éolienne) par rapport aux
habitations, cet arrêt du Conseil d’Etat devrait faire réfléchir les responsables
politiques et les amener à reconnaître à leur tour que les nuisances éoliennes
constituent un risque de préjudice grave et difficilement réparable.
Le Comité de riverains Strainchamps-Warnach